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Interview de Mathilde Gestin Alumni Enactus

1) Est-ce que tu peux te présenter rapidement ?

Mathilde Gestin, 25 ans, fraîchement diplômée de la promotion 2016 de Kedge Business School intégrée en 2012 après une prépa ECS. Comme beaucoup, j’ai opté pour l’école de commerce pour me « garder des portes ouvertes », ne sachant pas du tout vers quelle profession m’orienter. Mon école proposait un parcours « à la carte » pour le master : j’étais toujours un peu perdue et j’ai donc décidé de le composer en fonction de mes centres d’intérêts et je me suis construit un parcours très orienté ESS / social business / RSE. En sortie d’école, j’ai finalement choisi une mission sociale plus qu’un métier : je travaille aujourd’hui chez Ares, groupe de structures d’insertion par l’activité économique, en tant que chargée de développement relations entreprises. C’est un métier très enrichissant parce qu’il est au croisement de deux mondes : j’aide les salariés en insertion d’Ares à retrouver un emploi et pour cela je me positionne comme « cabinet de recrutement » pour des entreprises très variées de toute l’Île-de-France.

2) Quand as-tu entendu parler d’Enactus pour la première fois ?

J’ai entendu parler d’Enactus pour la première fois au forum des associations de mon école organisé à la rentrée. La vidéo de présentation mettait beaucoup l’accent sur la compétition nationale (remportée l’année précédente par l’équipe de mon école) et sur la compétition internationale : j’étais mitigée – la compétition c’est pas mon truc – mais aussi emballée les projets géniaux présentés. Un entretien de recrutement inspirant avec celle qui allait devenir ma team leader, Alix Ternynck, m’a convaincue : je voulais développer mes compétences acquises théoriquement en cours en les mettant au service de projets pérennes à impact social et/ou environnemental fort.

3) En 3-5 mots : ton aventure Enactus ?

Engagement, apprentissage, amour

4) Quel est l’apport de l’expérience Enactus dans ta vie professionnelle ?

L’expérience Enactus a été déterminante dans la construction de ma vie professionnelle.

Premièrement, elle m’a permis de faire le choix heureux de l’entrepreneuriat social. Ce n’est pas un choix facile à faire quand on est en « grande école » et que beaucoup des amis de promotion idéalisent les milieux de la finance, du marketing au service de grands groupes, etc. J’ai pu réaliser grâce à Enactus que je tirerai le meilleur parti de mon parcours scolaire si j’arrivai à trouver un travail qui me rende heureuse et c’est tout.

J’ai été encouragée dans ce choix par de nombreuses rencontres inspirantes permises grâce à Enactus : l’équipe Enactus France, déjà, que je ne remercierai jamais assez, mais aussi les acteurs de l’ESS du territoire que nos projets Enactus m’ont encouragé à aller rencontrer. J’ai ainsi rencontré le Mouves, MakeSense, Emmaüs… autant de belles structures portées par des personnes compétentes et engagées qui m’ont « vendu du rêve ».

Ensuite, c’est le réseau Enactus qui m’a permis de faire un service civique de 9 mois en Tunisie dans un incubateur d’entreprises sociales. Ma connaissance de l’entrepreneuriat social et mon appétence pour le développement de projets ont été appréciés lors de l’entretien d’embauche. Cette première expérience professionnelle a verrouillé mon projet pour de bon : hors de question pour moi après cette expérience incroyable de rentrer dans les rangs d’une entreprise qui ne fasse pas sens pour moi.

Aujourd’hui, alors que je travaille chez Ares depuis 2 ans, j’ai toujours à l’esprit les excellents outils d’intelligence collective découverts lors des rencontres nationales Enactus. Je cultive cette compétence à travers une formation qu’Ares m’a octroyé, et j’en suis ravie !

5) Quel est le moment Enactus que tu n’oublieras jamais ?

Il y a beaucoup de moments que je n’oublierai jamais. Je me souviens d’un après-midi passé avec l’équipe à trier des vêtements donnés à Emmaüs. Nous nous étions rendu dans une communauté Emmaüs de Marseille pour envisager un partenariat dans le cadre de notre nouveau projet et la responsable du site nous a demandé d’aller d’abord faire la tâche la plus basique que font tous les compagnons de la communauté avant de « blablater » sur des projets. J’étais surprise de la démarche un peu cavalière mais cette immersion terrain nous a donné le goût de l’action concrète en équipe.

6) Est-ce que tu aurais un message ou un conseil à donner aux étudiants qui ont rejoint le programme ?

Faites des erreurs, mais faites. Avec le recul, je me dis que j’ai passé trop de temps dans les concepts à travailler sur des modèles de projets qui fonctionneraient en me basant sur des hypothèses douteuses parce que je ne connaissais pas assez le terrain. Comme on dit, au mieux vous réussirez, au pire vous apprendrez.

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