Login Register

Interview de Julie Pinson référente pédagogique « entrepreneuriat social » à l’ESCD 3A

Rencontre avec Julie Pinson, référente  pédagogique “entrepreneuriat social” et Conseillère Pédagogique pour l’équipe Enactus ESCD 3A, . Elle revient sur son expérience au sein du programme pédagogique Enactus France.

 

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je suis référente pédagogique « entrepreneuriat social » à l’ESCD 3A (Ecole de Commerce et de Développement 3A). L’école forme aux métiers de l’humanitaire, de l’entrepreneuriat social et du commerce international, en 3 ou 5 ans.

Je suis une ancienne étudiante de l’école. J’ai été investie dans le développement durable au sens large, au travers d’engagements associatifs ou de stages, dans différents contextes – association étudiante, PME, fonds de dotation, structure en création. Aujourd’hui, j’accompagne les étudiants dans leurs projets, de leurs débuts à 3A dans la connaissance des enjeux du développement durable, à leur projet de création d’entreprise en Master.

Si j’étais une couleur, je serais le vert pour l’espoir – chacun de nous à une réponse pour participer à un monde meilleur. Aussi, pour sa prédominance dans l’environnement.

Qu’est-ce qui vous motive à porter Enactus au sein de votre établissement ?
Selon moi, Enactus est un moyen pour les étudiants d’aller au-delà de leur formation. Ils vont en dehors des murs de leur établissement, mais pas que. Ils rencontrent et découvrent d’autres projets, portés par des profils d’étudiants variés. Aussi, ils peuvent améliorer, affiner leur projet et ainsi acquérir des compétences – sans aucun engagement d’implication puisque les événements, les ateliers, la plateforme Enactus Academy sont ouverts à tous.

Vous m’avez parlé de votre parcours, quelle étudiante étiez-vous ?
Lorsque j’étais étudiante, j’ai voulu à mon échelle « faire ma part », comme le colibri qui tente d’éteindre un feu de forêt. Donc je me suis engagée dans une association, comme le font beaucoup d’étudiants. Il s’agissait de l’association de développement durable du Campus René Cassin (aujourd’hui René Sens). Alors, je dirais que j’étais une étudiante qui a fait sa part.

Lorsque vous étiez étudiante, auriez-vous aimé participer à un projet dans la démarche Enactus ?
Je n’avais pas conscience qu’Enactus – ou plutôt SIFE – avait une portée plus large que la Compétition Nationale. J’associais la « compétition » à une dynamique concurrentielle. Aujourd’hui, j’ai le sentiment que La Compétition Nationale est un moyen et non pas un objectif. Dans cette optique, je me lancerai certainement dans l’aventure, dans l’idée d’apprendre, de me tester et de partager.

Quel aurait été votre projet ? À quelles problématiques étiez-vous sensible lorsque vous étiez étudiant ? Et aujourd’hui ?
J’ai toujours été sensible à la protection de l’environnement, ou plutôt à notre incroyable capacité à le rendre vulnérable. Aujourd’hui, je suis toujours très sensible à cette problématique mais d’une autre manière. En effet, j’ai réalisé que les éco-gestes – dont le tri des déchets – forment une part d’un engagement individuel qui doit être complété par un engagement collectif.

L’idée que des organisations aient un impact social positif apparait comme une manière de s’engager collectivement. J’ai eu connaissance du concept d’entrepreneuriat social grâce à un intervenant à 3A, et via l’association LED (Les Entrepreneurs de Demain) qui avait organisé The Rise avec la plateforme Babyloan.

Si je me lançais dans un projet, je m’entourerais de personnes avec des parcours différents du mien, et nous définirions le projet en fonction de nos intérêts communs. Pour ma part, l’alimentation et le lien social sont des thématiques qui me touchent, et en particulier dans les zones rurales aujourd’hui délaissées.

À ce sujet, par votre expérience étudiante et professionnelle, observez-vous des  changements dans les établissements supérieurs et écoles de commerce, depuis quand ?
Les étudiants changent car le monde change également. Les organisations attendent des jeunes diplômés qu’ils soient opérationnels, et les étudiants ont envie d’être acteurs dès aujourd’hui – donc les pratiques pédagogiques doivent s’adapter. La théorie reste importante, mais l’application des connaissances et les rencontres inspirantes le sont tout autant.

Par exemple, à 3A, les modules sont en partie assurés par des intervenants issus des secteurs dans lesquels nos étudiants souhaitent travailler – action humanitaire, ESS (économie sociale et solidaire), commerce international. Aussi, au-delà de leur stage ou alternance, les étudiants travaillent sur des projets concrets, comme la réponse à un besoin d’un entrepreneur (cours de marketing) ou un projet de création d’entreprise (projet transversal).

Et dans la société en général quels sont les changements que vous observez ?
Nous sommes nombreux à être sensibles aux problèmes sociétaux, car il touche tout le monde : par exemple, la pollution de l’air, la solitude ressentie à tout âge, le chômage. D’ailleurs, plus de 90 % des Français affirment connaître le développement durable et 75 % ont entendu parler d’ESS.

Néanmoins, la difficulté réside dans l’action : « comment agir concrètement ? ». On connait le « pourquoi », mais le « comment » n’apparait pas comme une évidence. Ce n’est d’ailleurs pas étonnant, car il n’y a pas une unique solution à appliquer mais il y en a plusieurs – à l’échelle individuelle, d’une organisation, d’un collectif, d’une collectivité, d’un Etat.

On la présente comme une nouveauté, je ne suis pas sûre que ce soit le cas. Cela dit, ce qui me semble important aujourd’hui, c’est la recherche de sens. J’ai le sentiment que la recherche de sens dans sa vie et dans son travail devient clé. Il est désormais question pour nombre de personnes de trouver une activité professionnelle en cohérence avec ce qu’ils sont. En cela, je crois que l’impact social que l’on peut avoir sur la société – ou humblement sur son entourage, ses clients, ses partenaires – importent pour nombre d’entrepreneurs, de salariés, ou d’étudiants.

Selon vous, qu’est-ce qu’Enactus apporte aux étudiants et à votre établissement ?
Mon rôle de « conseiller pédagogique » chez Enactus est tout jeune. De ce que j’ai pu remarquer en début d’année, Enactus créé beaucoup d’enthousiasme, et semble perçu comme une opportunité de monter en compétences dans un cadre bienveillant.

Enactus permet à l’Ecole 3A d’être en lien avec d’autres établissements, notamment lors des rencontres des conseillers pédagogiques. Cela m’apporte personnellement un regard extérieur, un partage d’informations et de bonnes pratiques. J’apprends beaucoup. De même que la plateforme Enactus Academy permet d’avoir en accès libre des outils dans la création d’un projet à impact social.

blog comments powered by Disqus