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Rencontre avec Alexandre DURAND, Alumni Enactus co-fondateur de Graapz

Graapz, un projet Enactus prometteur qui est devenu une startup sociale.

 

Qu’est-ce que Graapz ?
Graapz est un service de lutte contre le gaspillage alimentaire qui propose des paniers de fruits et légumes issus des invendus des commerces de proximité. Chaque matin lors de la rotation des fruits et légumes, les commerces partenaires déposent leurs invendus dans les paniers Graapz plutôt que de les mettre à la poubelle. Ces produits sont simplement esthétiquement inadaptés à la mise en rayon, il s’agit par exemple d’une pomme cognée ou d’un poivron un peu fripé, mais ils demeurent bons à la consommation. Les paniers constitués sont disponibles sous forme d’abonnements à bas prix sur la plateforme web : pour 20€/mois, l’abonné Graapz récupère chaque semaine en magasin un panier de 3kg de fruits et légumes. Donc 12kg de fruits et légumes sauvés chaque mois. Un bon moyen de lutter contre le gaspillage alimentaire tout en faisant des économies.

Comment est née cette idée ?
L’idée est née à Montréal lors d’une année d’échange universitaire. Je suis parti au Canada afin de me spécialiser en préservation de la faune et de la flore dans le cadre de mes études en Biologie. Mais j’ai été déçu par le milieu de la Recherche et j’ai fini par réaliser que je ne m’épanouirai pas dans ce domaine. En parallèle j’ai découvert le Dumpster Diving, une pratique assez répandue à Montréal qui consiste à récupérer les invendus alimentaires des supermarchés. Chaque jour des dizaines de personnes récupéraient d’importantes quantités de produits jetés alors qu’ils étaient toujours bons à la consommation. L’impact environnemental qui résulte de tout ce gâchis est bien entendu catastrophique. C’était décidé, j’allais faire du gaspillage alimentaire mon combat et créer ma propre opportunité d’avoir un impact environnemental positif. À mon retour en France j’ai lancé Graapz.

Qu’est-ce que le programme Enactus a apporté à Graapz
Quand j’ai débuté, Graapz n’était qu’une idée. Et l’entrepreneuriat je n’y connaissais rien : un business model, le community management, une SAS… ? Jamais entendu parlé. Tout d’abord j’ai découvert qu’il existait une économie consacrée à l’impact social et/ou environnemental, l’ESS (économie sociale et solidaire). Rapidement dans mes recherches j’ai vu le nom d’Enactus qui propose d’accompagner les étudiants dans leur projet ESS. Un an après avoir adhéré au programme j’avais reçu des formations adaptées au lancement de mon projet, rencontré des professionnels qui ont su me conseiller, j’avais remporté un fond d’amorçage proposé par la Fondation VINCI pour la Cité partenaire d’Enactus et vécu une super expérience. J’ai donc pu bénéficier d’un accompagnement adapté au stade de développement de Graapz et grâce à ces acquis j’ai pu intégrer un incubateur après le programme.

Quelles sont les perspectives de développement de Graapz ?
Graapz a été fondé en Juillet 2017 et après une phase de prototypage réussie dans deux commerces auprès d’une vingtaine d’abonnés, ce sont maintenant 11 commerces parisiens qui nous ont rejoint dans notre lutte contre le gaspillage alimentaire. Encore seul sur le projet il y a quelques semaines, je suis maintenant dans un processus d’association et accompagné par trois stagiaires. Une belle équipe qui travaille efficacement pour développer le service. Nous visons 100 magasins et 1000 abonnés d’ici la fin de l’année et les premiers tests en province, de façon à essaimer à l’échelle nationale en 2019. La nouvelle plateforme web automatisée est prévue pour mars 2018.

Quel est l’impact de Graapz ?
Nous mesurons précisément la quantité de fruits et légumes sauvés, plus de 3 tonnes jusqu’à présent. Cette quantité correspond à :
4 104 kg de rejets CO2 évités
2 154 600 L d’eau économisés soit près d’une piscine olympique
11 286 m² de surfaces agricoles préservées soit 1,5 terrains de foot

Ces données sont très importantes car elles nous permettent de connaître précisément l’impact environnemental positif du service qui reste notre objectif principal. C’est aussi une forte motivation à poursuivre nos efforts, on se sent utile !

Et si c’était à refaire … ?
Je ferai exactement pareil. Il m’est arrivé de me planter, j’ai parfois dû tout reprendre à zéro. Mais je n’en serais pas là si je n’avais pas vécu ces expériences. Pendant une conférence un jour j’ai entendu une citation qui m’a beaucoup plu : « quand je me plante, je pousse ». Je trouve cela particulièrement vrai pour les entrepreneurs, l’échec est formateur.

Pour en savoir plus sur Graapz, vous pouvez consultez le site : https://www.graapz.com
Et suivre cette belle aventure sur Facebook et Twitter !

 

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