Portrait Alumni : Capucine, cultiver l’esprit entrepreneurial pour transformer la société

Engagée, pédagogue et résolument tournée vers l’action, Capucine voit dans l’entrepreneuriat bien plus qu’un statut : un état d’esprit. Ancienne présidente de l'antenne Enactus de son école et engagée dans le programme Enactus Étudiants durant ses études, aujourd’hui professionnelle au sein d’une collectivité territoriale et formatrice à l’École de la Deuxième Chance de la Loire avec Enactus France, elle n’a jamais vraiment quitté le terrain de l’impact.

Un coup de cœur au forum des associations
Tout commence en première année d’études. Lors du forum des associations de son école, Capucine découvre Enactus. À l’époque, l’équipe championne nationale revient tout juste de la World Cup à Washington : l’énergie est communicative.
Déjà sensibilisée à l’entrepreneuriat à impact grâce au programme Entreprendre pour Apprendre, et après avoir dirigé un premier projet étudiant, elle se reconnaît immédiatement dans cette ambition : changer le monde avec le business.
Dès sa première année, elle s’engage alors comme bénévole dans l’équipe Enactus. Parmi les projets auxquels elle participe figure une initiative inspirée d’une AMAP, proposant aux étudiants des paniers de fruits et légumes locaux.
En deuxième année, elle part en échange universitaire au Québec. Malgré la distance, elle reste en contact avec l’équipe. À son retour, elle devient team leader en prenant la tête de l'antenne Enactus de son école lors de sa troisième année.
Cette expérience marque profondément son parcours. Les séminaires de cohésion organisés par les partenaires, les rencontres avec les chargés d’accompagnement Enactus Étudiants et la confiance accordée par certains mentors lui permettent de développer ses compétences en gestion de projet et en travail d’équipe.
« Enactus, ça m'a vraiment appris la force du collectif. Seule, tu as une idée et à plusieurs, tu as plein d'idées. »
Certaines rencontres ont également joué un rôle clé dans son parcours.
« Céline [Sannié, ancienne DGA] et Aymeric [Marmorat, ancien DG] sont des gens qui m'ont donné confiance en moi. »
Garder un pied dans l’engagement
- Même après la fin de ses études, Capucine garde un lien étroit avec l’écosystème Enactus. Elle continue de s’impliquer ponctuellement dans le programme, notamment en intervenant comme jurée lors de certains événements et en accompagnant des équipes dans le cadre de mentorat.
- En 2020, lors de son retour en France, elle participe également à un événement alumni à Lyon. Ces retrouvailles avec le réseau nourrissent encore davantage son envie de s'engaer.
- Quelques années plus tard, une opportunité partagée sur LinkedIn par un ancien team leader, Guillaume Carpentier, l’amène à intervenir dans une école à Rennes. Cette expérience marque le début de son activité de facilitatrice en freelance, avant qu’Anaëlle Grasland, Responsable Enactus Lycéens en Auvergne-Rhône-Alpes, ne la sollicite à nouveau pour collaborer avec Enactus.

Aujourd’hui : agir à l’échelle d’un territoire
Aujourd’hui, Capucine travaille au sein d’une collectivité territoriale, à l’interface entre la commune et les partenaires. Elle intervient sur des enjeux très concrets liés à la transition écologique : consommation énergétique des bâtiments publics, réduction des déchets ou encore sensibilisation de différents publics.
En parallèle, depuis septembre 2022, elle travaille comme freelance avec makesense. Elle anime des ateliers autour de l'entrepreneuriat social, la justice climatique et les techniques de présentation de projets. Elle intervient notamment auprès de jeunes de 16 à 25 ans pour les aider à structurer leurs idées et à passer à l’action.
Et depuis deux ans, Capucine est également formatrice Enactus pour deux classes à l’École de la Deuxième Chance de la Loire. Ce rôle lui permet de garder un pied dans l’économie sociale et solidaire tout en accompagnant des jeunes dans la construction de leurs projets.
Son fil conducteur reste le même : donner aux individus les moyens d’agir.
« À Saint-Étienne, les jeunes sont suivis sur onze demi-journées. Ensemble, ils réalisent des choses et sortent de leur coquille. »
L’entrepreneuriat comme état d’esprit
Pour Capucine, l’entrepreneuriat dépasse largement la création d’entreprise. C’est avant tout une manière de regarder le monde et de chercher des solutions.
C’est le message qu’elle transmet aux jeunes qu’elle accompagne :
« On est dans une culture de la “start-up nation”, mais un agriculteur c'est déjà un entrepreneur. L'entrepreneuriat, c'est un état d'esprit plus que le fait d'être à son compte. C'est se demander "comment trouver une solution autonome à un problème de société ?" Et ça, on peut aussi le faire dans une collectivité, une association ou une entreprise. »
Un projet accompagné par l'École de la Deuxième Chance et Enactus l’a particulièrement marquée : celui d’un jeune de 17 ans souhaitant sensibiliser les mineurs des quartiers populaires aux dangers des jeux d’argent en ligne. Lui-même s’était retrouvé, à 16 ans, avec 2 000 € de dettes. Aujourd’hui, sorti de cette spirale, il souhaite faire de la sensibilisation dans les écoles pour alerter sur les dangers des jeux d'argent.
Une illustration concrète de ce que peut produire l’esprit entrepreneurial : transformer une expérience personnelle en projet utile pour les autres.
Une aire de jeu stimulante
Si Capucine devait résumer Enactus, elle parlerait d’« une bonne aire de jeu », un espace où l’on peut tester, apprendre de ses erreurs et recommencer, dans un cadre qui inspire confiance et incite à passer à l’action.
Son message aux jeunes est simple : oser expérimenter et s’appuyer sur la force du collectif.
Car au fond, comme elle l’a appris très tôt, entreprendre, c’est d'abord choisir d’agir.
Enactus incarne cet esprit : un espace pour entreprendre, créer un impact concret et agir face aux défis sociaux et environnementaux, tout en cultivant coopération et engagement.